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La dangerosité de la chasse reconnue… par les chasseurs

Vendredi 15 octobre 2010, une partie des médias français, dont France Inter, nous apprenait qu’un couple habitant la région de Limoges avait retrouvé une balle de gros calibre dans la chambre à coucher de leur jeune fils, celle-ci ayant traversé la fenêtre de ladite chambre située à l’étage.
D’abord terriblement choqué en pensant aux conséquences dramatiques que ce tir aurait pu entraîner, le couple a décidé de porter plainte contre X. Aux dires de la gendarmerie locale, l’auteur du coup de feu a toutes les chances de rester non identifié.
Non loin de leur domicile se déroulait une battue au sanglier organisée par l’ACCA locale. A la connaissance de cet incident, le président de cette ACCA est venu présenter ses excuses tout en précisant que cette balle ne provenait pas forcément de la battue qu’il supervisait puisque « elle pouvait avoir été tirée très loin de son lieu d’impact et avoir ricoché plusieurs fois avant de terminer sa course dans la chambre à coucher ».
Ainsi, une association de chasse a reconnu publiquement le caractère dangereux et aléatoire du matériel que les chasseurs utilisent pour s’adonner à leur loisir. Doit-on en tirer la conclusion que l’activité de chasse est perpétrée par des individus qui ont toute conscience du danger sur autrui de leur pratique mais qui font le choix de prendre le risque, pour assouvir leurs fantasmes, qu’au final la victime ne soit pas non-humaine mais bel et bien humaine ?
Une reconnaissance du danger de cette activité par ses propres pratiquants qui vient s’ajouter aux statistiques incontestables des victimes de la chasse qui se répètent inexorablement ces dernières années (un mort par semaine, un blessé par jour), aux rapports démontrant la perturbation de la biodiversité par ceux qui se revendiquent en être les régulateurs, aux études scientifiques mettant en lumière la souffrance endurée par les victimes non-humaines, aux témoignages accablants concernant les pratiques cynégétiques (véneries finissant au poignard dans des salons, déterrages sanglants suivis du piétinement de l’éventuelle progéniture…), sans parler des faits divers qui remplissent nos journaux locaux et où l’on découvre les nombreux règlements de compte conjugaux, familiaux, de voisinage, qui se concluent par des homicides réalisés avec des armes de chasse, ou les accidents mortels suite à la manipulation de carabines laissées à la portée d’enfants.
Qu’une classe politique au pouvoir ait décidé de cautionner tous ces méfaits pour caresser une partie de son électorat dans le sens du poil, comme elle le fait avec une autre frange de ses électeurs à l’aide de son sacro-saint bouclier fiscal, soit.
Qu’elle accepte la destruction d’un bien commun qu’est la nature et la mise en danger de la vie de tous, là elle est totalement déconnectée de ses devoirs premiers.


Communiqué du CVN, 17/10/2010. Site web : http://www.ecologie-radicale.org