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Chasseurs, barbares, la frontière est parfois floue...

Début mars, une laie visiblement pleine, poursuivie dans le cadre d’une battue, a été massacrée dans un village de la Creuse. Ironiquement, la scène s’est passée sur le parvis de l’église où elle était allée chercher refuge...
D’abord acculé par des chiens, le pauvre animal s’est fait rouer de coups de merlin et de pieds pendant un quart d’heure par trois hommes, dont le président de l’Association Communale de Chasse Agréée (ACCA). Comble de la délicatesse, ils accompagnaient leurs gestes d’insultes et d’insanités. Le sanglier s’est traîné sur plusieurs mètres avant de succomber sous les yeux d’une dizaine de témoins.
Le journal local raconte que "les femmes étaient en pleurs. Les enfants en parlaient le lendemain à l’école, très choqués. Il y avait du sang jusque sur les marches de l’église".
Le président de l’ACCA s’est défendu en expliquant qu’il ne pouvait abattre l’animal avec une arme à feu en plein bourg, et qu’il l’a en quelque sorte achevé pour son bien puisque les chiens l’avaient déjà bien abîmé !
Paradoxalement, tout ceci s’est passé dans le cadre d’une "battue de dispersion", des battues dont le but est simplement d’éloigner des animaux hors de zones sensibles,... sans les tuer.
Le parquet de Guéret et l’Office de la Chasse ont été saisis. "Le sanglier est mort lors d’une battue de dispersion alors que la chasse était fermée. Mais la mise à mort d’un animal déjà mortellement blessé n’est pas une infraction. Malgré tout, si celle-ci intervient, elle doit être rapide et efficace sans que l’animal ne souffre". Le ou les auteurs pourraient donc comparaître devant un tribunal pour mauvais traitement à animal.


24/03/2010.