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Vers un label "bien-être animal" dans la grande distribution ?

La Fondation Ligue française des droits de l’animal vient de demander aux directions de la qualité des grandes chaînes de distribution françaises (Auchan, Carrefour, Casino, Leclerc et Monoprix) de créer, conjointement avec les producteurs de viande, de volailles et de produits d’origine animale, un label BIEN-ÊTRE ANIMAL.
Ce label est destiné à informer clairement les consommateurs du niveau de bien-être assuré aux animaux durant leur élevage. La Ligue française des droits de l’animal fonde sa demande sur deux arguments indéniables, l’un sociologique, l’autre économique.

Sur le plan sociologique :

- Une enquête* d’opinion très détaillée menée par la Commission européenne en février-mars 2005, montre notamment que 74% des citoyens de l’Union européenne considèrent que leur comportement de consommateurs peut améliorer le bien-être des animaux de ferme, et que 57% sont prêts à payer plus cher pour des produits comportant une information sur les conditions de bien-être des animaux.

- Une autre enquête** lancée en France en janvier 2006 par le CIV-Centre d’information des viandes démontre que 81% des consommateurs souhaitent que l’étiquetage des produits alimentaires d’origine animale comporte des indications plus claires sur le bien-être des animaux, et que 45% sont disposés à payer plus cher si ce bien-être s’en trouve certifié.

Sur le plan économique :

- Une dizaine d’expertises très rigoureuses menées en 2005 par la Humane Society of United States sur des élevages industriels de volailles, de bovins et de porcins, ont montré que des investissements importants permettant d’améliorer les techniques d’ élevage, de manipulation ou d’abattage des animaux améliorent aussi leur bien-être et ont des conséquences économiques très rapidement favorables, au point que ces investissements se trouvent être bénéficiaires en moins de deux ans dans plusieurs cas.

En conséquence, il s’avère que la mise en œuvre d’un label fondé sur le bien-être animal est à la convergence d’une part des soucis éthiques et des exigences de qualité légitimes des consommateurs, et d’autre part des intérêts économiques des producteurs et des distributeurs, légitimes eux aussi.
La Fondation a attiré l’attention des chaînes de distribution sur le fait que d’autres associations se fédéreraient autour d’elle sur ce projet, comme elles le firent en 1984, lors que la Ligue française des droits de l’animal a obtenu de la Commission européenne, pour la première fois, que les boîtes d’œufs mentionnent le mode d’élevage des poules, cela afin de favoriser leur élevage en plein-air en combattant leur élevage en batterie de cages.

* Attitudes des consommateurs vis-à-vis des animaux de ferme, Eurobaromètre spécial 229, Commission européenne, juin 2005.
** Plan d’action communautaire relatif au bien-être et à la protection des animaux d’élevage, Edinstitut -CIV, janvier 2006.