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Un chasseur dénonce les massacres de sangliers

Communiqué de presse du R.AC. (10/01/2008)

On sait que le 5 décembre, près de Sedan (Ardennes), un groupe de chasseurs a tué 26 sangliers. Cette battue illicite "qui n’est pas la première" a choqué même les chasseurs "modérés" car il s’agissait d’un troupeau de sangliers quasi apprivoisé qui se déplaçait en plaine, suivant, tous les jours et en plein jour, le même itinéraire.
Un de ces chasseurs "modérés" qui se dit "vieux chasseur", titulaire du diplôme d’honneur de sa fédération départementale et membre de la Fédération des chasseurs de grand gibier, révolté, a adressé au quotidien L’ardennais un courrier titré "Saint-Hubert réveille-toi, ils sont devenus fous".
Dans sa lettre, ce chasseur dénonce avec force la création de compagnies de sangliers et l’agrainage massif et permanent "qui a modifié les cycles de reproduction des laies avec des naissances toute l’année".
Voilà donc où se trouve la cause de la surpopulation des sangliers qui sert de justification aux carnages. Des chasseurs font tout pour que les sangliers se multiplient. Ainsi ils peuvent les chasser et les tuer à volonté. Selon le vieux chasseur, "on y tue aujourd’hui en une journée ce que l’on tuait en une saison il y a vingt ans".
L’auteur de la lettre s’élève aussi contre une véritable dérive financière de la chasse, particulièrement des sangliers, en raison de la très forte augmentation du prix de location du droit de chasse. Ce fait attire des riches chasseurs belges et néerlandais qui deviennent des actionnaires exigeants. Ce qui fait que les adjudicateurs des droits se sentent obligés de "maintenir à un niveau élevé les populations de sangliers pour retenir les actionnaires". Et le vieux chasseur de révéler que le carnage du 5 décembre dernier a été précédé récemment par un "tableau" de 82 sangliers réalisé en une journée près de Sedan. "Ce n’est pas un tableau d’honneur pour la chasse, c’est un tableau d’horreur même si chaque animal a bien été muni d’un bracelet", s’indigne-t-il.
Concernant le troupeau martyr du 5 décembre, qui a été photographié la veille du massacre, le vieux chasseur le compare à un troupeau de moutons et laisse parler sa colère : "Je voudrais que cette photo porte en légende "sangliers, le troupeau de la honte". Honte pour nous, les chasseurs, les seuls responsables de cette situation. C’est nous qui, en moins de trente ans, avons transformé le sanglier, l’animal mythique, en bête semi-domestique, en "cochonglier" selon le néologisme couramment employé".
La lettre de ce chasseur décrit bien la situation actuelle. Il y a surpopulation de sangliers car on les nourrit et on les domestique pour pouvoir en tuer plus. En paraphrasant un slogan à la mode, on pourrait dire que la tendance actuelle chez beaucoup de chasseurs est "élever plus pour tuer plus". La surpopulation des sangliers provoque aussi à l’agriculture des dégâts qui donnent droit à des indemnisations aux agriculteurs (quid des agriculteurs-chasseurs ?).
Ceux qui ont nourri ces sangliers se présentent comme des sauveurs et demandent des dérogations et des battues "administratives" pour "réguler" cette surpopulation qu’ils ont créée eux-mêmes. Ainsi, sous le regard passif des pouvoirs publics, le sanglier est devenu gibier d’élevage et une cible facile pour beaufs et nouveau riches belges et néerlandais.