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Manifestation anti-loup : un non-évènement

Ce 18 février, en soutien à un chasseur pris en flagrant délit de braconnage, des chasseurs-éleveurs avaient promis "d’assiéger la ville de Gap". Les forces de l’ordre, d’après leurs déclarations dans la presse, craignaient même des affrontements avec les écologistes.
Finalement, la seule chose à avoir été assiégée, c’est le méchoui que les manifestants avaient installé devant le palais de justice.

Gap n’est pourtant pas difficile à bloquer ; trois ronds-points stratégiques marquent l’entrée de la ville. Mais les chasseurs-éleveurs se sont contentés d’un défilé dans les rues (mené par une dizaine d’écharpes tricolores, côte à côte avec une banderole "mort aux loups") et d’un rassemblement place du palais de justice.

On aurait en effet pu redouter un grand rassemblement, l’affaire faisant rejaillir toutes les peurs ancestrales enfouies dans les hautes vallées alpines, les chaperons rouges, les petits cochons et les vilaines bêtes du Gévaudan.

Au total, un millier de personnes se sont réunies. Les organisateurs en attendaient de 3 à 5000 et la police de 2 à 3000. C’est donc un échec, d’autant plus qu’il faisait beau et que les gens venaient de loin et parfois en cars (Haute Savoie, Vercors,…). La manifestation était pourtant composée à 90% de retraités et d’éleveurs, une population qui peut se permettre de se déplacer en semaine. C’est d’ailleurs encourageant de constater que les participants étaient si âgés ; cela laisse de l’espoir pour les générations futures. Même si, soyons honnêtes, les jeunes se mobilisent très peu de nos jours, quelque soit la cause.

Les banderoles, mal dessinées à la bombe de peinture, étaient beaucoup moins agressives que ce à quoi on pouvait s’attendre, se contentant sobrement de "non au loup" ou "vivre sans loup". Les plus rétrogrades étant sans doute "mort aux loups" et "verts, gardes [chasse], loups, tous de la merde !".

Vers la fin de l’après-midi, les manifestants ont tenté de forcer les barrières de sécurité et les CRS ont du les charger.

Au niveau juridique par contre, c’est assez décevant. La défense a demandé la relaxe, prétextant un "accident de chasse" (l’accusé osant même affirmer que le loup lui avait sauté dessus ! (en costume de mère-grand ?)). Le procureur n’a requis que 1500 euros et le retrait du permis de chasse pendant 3 ans. Rappelons que pour destruction d’espèce protégée, il encourait 9000 euros d’amende et 6 mois de prison avec sursis.

Les animaux ne valent vraiment pas lourd dans notre monde civilisé…


18/02/2010.