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L’égalité des sexes sur le plan de la mort-loisir

L’ouverture générale de la chasse se profile mais a déjà eu lieu dans certaines régions où le lobby cynégétique n’a pas tardé à se mettre en marche pour squatter les médias.
Ainsi dimanche 12 septembre pouvait-on voir au cours du journal d’informations régionales de la région PACA un reportage sur la féminisation du monde cynégétique (reportage repris le lendemain au niveau national). Cinq bonnes minutes toutes à la gloire de ces « femmes passionnées de chasse, amenant à ce sport leur charme, finesse et tact, qualités faisant souvent d’elles de meilleurs chasseurs que leurs homologues masculins ».
Cette féminisation de la chasse permettrait à la corporation cynégétique, dixit l’une d’elles, « de modifier l’image habituel du chasseur beauf, vulgaire et alcoolo que beaucoup de gens ont à l’esprit ». Ainsi, après avoir tenté d’enrôler les enfants au sein même des écoles avec la complicité du ministère de l’éducation nationale, désormais les massacreurs de la nature ont une nouvelle cible pour légitimer leurs actes : la gent féminine.
Montrant ainsi qu’ils ne comprennent pas que ce qui révulse avant tout l’ensemble majoritaire des opposants idéologiques de la chasse n’est pas la personnalité de l’individu qui se trouve derrière la gâchette (encore que…) mais bien l’acte de donner la mort pour le simple plaisir de tuer, très souvent dans d’atroces souffrances prolongées. Et ce n’est pas en mettant la plus belle frimousse de bambin ou la plus plantureuse des mannequins de ce monde derrière le fusil qu’ils adouciront ce geste ignoble d’ôter la vie afin assouvir ses pulsions de blasé ou obtenir un sentiment de suprématie sur les autres espèces.
D’ailleurs le reporter lui-même l’a indiqué : les femmes ne représentent que 2 % des chasseurs. Qui eux-mêmes ne représentent que 2 % de la population française. 2 % de 2 %, oui, ça fait bien 0,04 % de nos citoyens.
Alors doit-on se réjouir des arguments si pauvres des fossoyeurs de la nature ? On pourrait. Mais nous sommes également attristés qu’un média national accorde 5 minutes de reportage pour 3 chasseuses de la région PACA et que parallèlement il ne concède que 30 secondes pour 3 000 manifestants pour l’abolition de la corrida, et même pas une seconde pour la marche récente qui a réuni 500 personnes en la mémoire de Lucky, dalmatien mort après avoir été traîné sur plusieurs kilomètres derrière le véhicule de son tortionnaire. Qui lui est libre d’aller et venir comme bon lui semble.
Le chemin est encore long…


Communiqué de presse du CVN, 15/09/2010. Site web : http://www.ecologie-radicale.org