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"Sortir du nucléaire" traqué par EDF

Stéphane Lhomme (porte parole du Réseau "Sortir du nucléaire") mis "sous surveillance" par l’officine "Securewyse" à la solde d’EDF :

Dans son édition de mercredi 8 avril 2009, le Canard enchaîné révèle que Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", a été placé "sous surveillance" par la société "Securewyse" , basée à Lausanne (Suisse), dans le cadre d’un contrat passé avec… EDF (lire deux extraits de l’article du Canard enchaîné à la fin de ce communiqué).

Cette affaire est la suite de celle du document confidentiel défense issu d’EDF, que le Réseau "Sortir du nucléaire" s’est procuré et a rendu public (voir la chronologie de l’affaire sur le site : http://www.sortirdunucleaire.fr). Ce document ultra-sensible reconnaît que le réacteur nucléaire EPR n’est pas conçu pour résister à un crash d’avion de ligne.

Après s’être procuré ce document, le porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire" a été mis en garde à vue par la DST, le 16 mai 2006 et le 25 mars 2008, sur réquisition du Parquet de Paris (section "antiterroriste") avec la menace de 5 ans de prison pour "compromission du secret de la défense nationale".

Pour protester contre cette mise en examen, le Réseau "Sortir du nucléaire" a mis en ligne le document Confidentiel défense et l’a diffusé à de nombreuses organisations et personnalités qui l’ont aussi mis en ligne en signe de soutien. (*)

EDF et la DST semblent à ce jour toujours en échec dans la recherche de la "source" qui, de l’intérieur d’EDF, informe "Sortir du nucléaire". D’où, certainement, la mise en œuvre de méthodes illégales pour lesquelles une question se pose : la DST a-t-elle aidé EDF pour espionner "Sortir du nucléaire" ? Si c’est le cas, cette affaire est encore plus explosive.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" va sous peu porter plainte devant le Parquet de Nanterre contre EDF mais aussi contre la DST (désormais DCRI) dans cette affaire d’espionnage et d’infiltration. Plus généralement, cette affaire montre, si cela était encore nécessaire, que le nucléaire ne nuit pas seulement à l’environnement et à la santé des êtres vivants, mais aussi à la démocratie.

(*) Document confidentiel défense : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/confidentiel-defense.html


Le canard enchaîné - 8 avril 2009

Des atomes crochus pour traquer les antinucléaires

"EDF et les RG de Bordeaux ont travaillé main dans la main à la surveillance de Stéphane Lhomme". C’est la confidence faite par l’un des mis en examen aux enquêteurs. Normal, si l’on ose dire, c’est en Gironde que ce militant bordelais a mené l’essentiel de ses actions : contre le transport de déchets nucléaires, les dangers de la centrale du Blayais, de l’EPR, etc.
Or, EDF, comme AREVA, compte dans ses effectifs des fonctionnaires de police détachés, mais toujours en liaison avec le Ministère de l’Intérieur. Rien de plus facile, donc que d’harmoniser leurs efforts contre des individus jugés dangereux pour la sûreté de l’Etat. "Aux RG, se souvient un ancien, la section "Contestation et violence" comprenait cinq personnes. Il y avait un collègue qui ne s’occupait que des "antinucs".
La parano d’Etat atteint parfois des sommets quand, par exemple, Didier Anger (ex-conseiller régional Vert dans la Manche) se voit épié dans ses moindres mouvements. "Un jour, raconte-t-il, se sachant écoutés, on s’est donné un rendez-vous par téléphone sur le site de la centrale de Flamanville. Les gendarmes y sont arrivé en masse. Pendant ce temps, on a occupé la préfecture..."

Le canard enchaîné - 8 avril 2009

EDF avait plus d’une opération d’espionnage au compteur

Ses protestations indignées n’y feront rien : le groupe EDF est bien le héros de l’affaire de piratage informatique de Greenpeace relatée le 18 mars dernier, par le Canard et relancée par Médiapart. Mieux, de nouveaux éléments, découverts par les enquêteurs viennent aggraver son cas.
Ils ont notamment trouvé, chez EDF, dans l’armoire du numéro 2 de la sécurité, Pierre François, un CD-Rom contenant des captures d’écran et des copies de fichiers provenant de l’ordinateur de Yannick Jadot, responsable des campagnes nucléaires de Greenpeace. Et ils disposent de témoignages sur les rencontres de Pierre François avec un représentant de Kargus Consultants, exécutant de cette opération de basse police. (...)


Communiqué de presse du Réseau sortir du nucléaire, 08/04/2009
Site web : http://www.sortirdunucleaire.fr