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La guerre de l’ortie rallumée

La semaine passée, dans un premier communiqué de presse, l’association des Amis de l’ortie alertait l’opinion public et les médias sur les dérives auxquelles donnent lieux l’interprétation de l’article 70 du texte de la loi d’orientation agricole daté du 05 janvier 2006, documents disponibles sur terran.fr ou univers-nature.com
Devant l’impact de ce premier texte, face à l’ampleur de la mobilisation et à la demande de très nombreux correspondants, l’Association des Amis de l’ortie a décidé d’initier la mise en place d’un collectif nommé « Candide » (clin d’œil au héros voltairien !) qui se chargerait de défendre ce dossier devant l’administration. C’est pourquoi nous demandons à chaque association, mais aussi aux organisations publiques ou privées souhaitant être associées à cette démarche de mandater un correspondant, représentant de la dite association ou organisations publics ou privées dans le collectif « Candide ». Nous pourrons alors, tous ensemble définir une stratégie.
Nous adressons ce jour également par le biais de ce communiqué, en demandant à chaque média qui le souhaite, de s’en faire l’écho, une lettre ouverte au Président de la République, M. Jacques Chirac, afin qu’il prenne conscience des conséquences de cette loi d’orientation, à l’évidence contraire aux principes de la charte des droits de l’Homme, mais aussi à celle des citoyens dont il est le garant.

L’association des Amis de l’ortie

1- Inscription au collectif « Candide » sur : orfol@aol.com
2- Pour en savoir en plus (texte de loi, interview Bernard Bertrand...) :
portail www.univers-nature.com.
Bernard Bertrand, porte parole de l’association des Amis de l’ortie...

Lettre ouverte au Président de la République, le 12 septembre 2006
Le saviez-vous M. le Président ?
Depuis le 01 juillet 2006, toute la filière de l’agriculture biologique est illégale en France !
Plus encore, les jardiniers amateurs ne peuvent plus ni utiliser, ni détenir des produits qui ne seraient pas homologués par l’administration, homologation dont les règles sont fixées par les tenants de l’agro-industrie.
Et vous qui encouragez les agriculteurs à utiliser moins de pesticides, comment vont-ils faire pour ne plus polluer nos nappes phréatiques et notre assiette ?
On se le demande bien, car depuis la nouvelle loi d’orientation agricole du 05 janvier 2006, avec effet d’application au 01 07 06, qui modifie notre code rural, « sont interdites la mise sur le marché, l’utilisation et la détention par l’utilisateur final (le consommateur donc, ndla !) des produits phytopharmaceutiques, s’ils ne bénéficient pas d’une autorisation de mise sur le marché... ». En clair, les agriculteurs biologiques ou les candidats à la conversion, utilisant majoritairement des produits naturels non homologués, sont privés d’outil de travail !
Attendez ce n’est pas tout, M. le Président, il y a mieux encore !
Figurez-vous que l’art. L. 253-7 de cette même loi précise que « toute publicité commerciale et toute recommandation » concernant les-dits produits non homologués sont également interdites.
Atteinte à la liberté de transmettre des savoirs traditionnels, à celle de l’information aussi, atteinte enfin au droit le plus élémentaire du citoyen, celui de travailler son jardin comme il l’entend...
Nous voyons déjà M. Dominique Bussereau s’offusquer, crier à l’interprétation hâtive de son texte ; nous le voyons déjà assurer qu’à aucun moment, il n’a eu l’intention de nuire à nos libertés fondamentales, encore moins d’aller à l’encontre de la charte des droits de l’homme, ni de celle du citoyen, dont vous êtes le garant, Monsieur le Président !
Nous voulons bien le croire, M. Bussereau est sincère...
Mais alors, comment expliquer l’intervention de deux fonctionnaires de l’état* chez un paysagiste, promoteur de techniques agricoles alternatives et novatrices et la saisie de cours, de documents pédagogiques, mais aussi la copie de brevets ? Sur quelles bases, ces fonctionnaires de l’état ont-ils agi, si ce n’est pas sous le couvert de ce texte législatif ?
Des cours et des documents pédagogiques ! Vous avez bien lu, M. le Président.
Et comment expliquer qu’une nouvelle intervention des fonctionnaires de la DGCCRF soit programmée mardi 19 septembre, justement chez l’Éditeur de ce même paysagiste, qui a le tort d’avoir co-signé un livre hautement subversif : Purin d’ortie & compagnie, aux éditions de Terran.
Le hasard M. le Président ! Nous n’en doutons pas un seul instant !
Comment M. le Président, vous ne croyez pas au hasard ? Vous parlez de censure, d’inquisition !
Oh non, n’exagérez pas, Purin d’ortie & cie, ce n’est pas le Goncourt tout de même, juste un petit livre jaune de recettes de grands pères, de votre grand-père peut-être !
Non, il ne faut pas être paranoïaque M. le Président.
Il n’empêche, votre attachement à la mémoire rurale et vos interrogations nous rassurent.
Nous sommes convaincus que vous saurez expliquer à votre Ministre de l’agriculture, qu’il y a peut-être mieux à faire, que de tuer dans l’œuf l’espoir que représente pour la survie de notre agriculture familiale, pour la santé de l’environnement et celle du consommateur, l’utilisation de produits naturels dont le seul défaut serait de ne pas correspondre aux critères de l’agrochimie !
Les milliers de petites gens indignées par ce texte maladroit, vous demandent solennellement M. le Président, de faire le nécessaire afin que cette loi soit amandée ou abrogée la liberté de cultiver la terre comme chacun l’entend soit préservée, mais aussi qu’aucune atteinte ne soit apportée, durant votre mandat, à notre mémoire collective rurale.

Pour l’association des Amis de l’ortie... son porte-parole,
Bernard Bertrand, écrivain-paysan !

* Service de l’Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux de l’Ain.


Note : sujet également traité par le journal télévisé de TF1, le 20/09/2006.