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Le Grenul de l’environnement ?

Un succès, le Grenelle ? L’A.S.P.A.S. y met un gros bémol : pour la protection de la nature, ce fut plutôt le Grenul !

Le Grenelle dénaturé

Au cours du Grenelle de l’Environnement, les notions de « nature » et de sa protection ont été quasiment inexistantes. Un exemple : les problèmes dus au lobby chasse, si pesants en France, ont été carrément « oubliés » ! L’A.S.P.A.S. constate qu’une fois de plus, le monde vivant a été écrasé par la logique économique. À ce niveau, le Grenelle fut une mascarade.

La protection des océans, les forêts tropicales et les DOM TOM, qui placent la France dans les 10 pays les plus importants de la planète pour la biodiversité, n’ont pas fait partie des priorités du Grenelle, loin s’en faut. En dehors d’une avancée sur des « corridors biologiques », qui relieront des espaces isolés, la protection de la nature a été évincée au profit de problèmes aux solutions économiquement juteuses, favorisant le bâtiment et les industriels. Ce fut le grand marché des entreprises « vertes », et la faune sauvage n’y a rien gagné.

En France métropolitaine, les oiseaux les plus menacés de disparition vivent essentiellement dans les grandes régions de culture. Or, toutes les menaces dues à l’agriculture intensive, tels les pesticides, n’ont fait l’objet que d’intentions vagues. L’intervention en dernière minute de M. Le Métayer, président de la FNSEA, a cassé la volonté de diminuer les pesticides de 50%, et a éliminé toute date butoir. De même que le « moratoire » sur les OGM qui ne durera que l’hiver – c’est-à-dire hors saison ! - toutes ces belles intentions se sont dégonflées comme des soufflés.

Et la chasse ? Le braconnage en France, les dates d’ouverture non respectées, la main mise du lobby sur la nature, qui refuse d’octroyer ne serait-ce qu’un jour de la semaine sans chasse, les préfets décrétant des listes illégales d’animaux dits nuisibles, etc. ? Pas un mot.

Enfin, les avancées réelles obtenues par le Grenelle doivent maintenant affronter des députés de tous bords et des lobbies qui n’apprécient pas « les écolos » et feront tout pour vider ces avancées de leur substance. De plus, les lois promises n’auront aucune valeur tant qu’il n’y aura pas de décrets d’application, ce qui est si souvent le cas en matière d’environnement. Bref, l’ASPAS aimerait bien crier victoire, mais trop de questions se posent.


Contact presse : Julie Danet – Chargée de communication
Tél. : 04 75 25 10 00 – Mail : info@aspas-nature.org