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Encore deux personnes victimes de la chasse

Encore deux personnes victimes de la chasse : les chasseurs sont reçus à Matignon. Pigeons de l’affaire, les protecteurs, eux, restent à la porte.
Un nouvel accident de chasse impliquant des non-chasseurs s’est produit cette semaine. À Bertric-Burée (Dordogne), deux ramasseurs de champignons ont été gravement blessés par un chasseur de 82 ans qui les avait pris pour une faisane…
Trois mois seulement après l’ouverture de la chasse, cet accident porte à 12* le nombre d’usagers de la nature non-chasseurs victimes de ce loisir très dangereux, qui ne fait plus l’objet de la moindre réglementation en matière de sécurité. Complice par son apathie, le gouvernement refuse d’entendre les protecteurs.
Forte d’une pétition de plus de 300 000 signatures en faveur d’une trêve de la chasse le dimanche, l’ASPAS demande au gouvernement que des mesures de sécurité soient enfin prises, comme c’est le cas dans l’ensemble des pays européens. Tous, sauf la France…
En 1982, la circulaire Deferre avait supprimé le périmètre de sécurité autour des habitations.
La loi chasse 2000, qui avait instauré le mercredi sans chasse, prévoyait un décret fixant les règles de sécurité. Mais celui-ci n’a jamais été adopté.
En 2003, le mercredi sans chasse a… disparu. La France devient le seul pays d’Europe où la chasse se pratique tous les jours de la semaine.
En 2008, la loi chasse dite « Poniatowski » supprime purement et simplement le paragraphe de la loi qui prévoyait l’adoption d’un décret sur les règles de sécurité.
Depuis, le loisir chasse a fait des dizaines de morts et de blessés. Cela dans l’indifférence totale des pouvoirs publics, mais avec la complicité de nos gouvernants, de gauche comme de droite, bien plus attentifs à ne pas heurter la susceptibilité des chasseurs, qu’à la légitime sécurité des usagers de la nature.
Mme Batho et M. Ayrault ont reçu tour à tour les représentants des chasseurs la semaine dernière. En revanche, toutes nos demandes pour rencontrer Madame la Ministre afin de parler de ce grave dossier sont restées lettre morte.
Aussi, à travers un courrier envoyé aujourd’hui à l’Élysée, l’ASPAS en appelle au Président de la République pour qu’enfin, ramasseurs de champignons ou porteurs de jumelles, vététistes ou randonneurs, nous puissions profiter de la nature sans avoir à craindre d’être pris pour un faisan ou un sanglier. Mais pas non plus, pour un pigeon…
* 11 blessés et un mort (un enfant de 9 ans).


Communiqué de presse de l’ASPAS, 22/11/2012. SIte web : www.aspas-nature.org