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La corrida au "patrimoine culturel immatériel français"

A l’heure où la corrida est de plus en plus malmenée dans le monde civilisé*, les aficionados ont réussi un joli tour de passe-passe pour essayer de la sauvegarder : ainsi, nous avons appris vendredi 22 avril que la corrida avait été recensée au patrimoine culturel immatériel de la France, par le ministère de la Culture !
A noter que le gouvernement français est le seul au monde à avoir reconnu la corrida comme partie intégrante de son patrimoine culturel. Cette tradition ne remonte pourtant qu’au milieu du 19ème siècle. D’autres pays, comme l’Espagne, où la tauromachie est très présente, ne lui ont pour l’instant pas fait cet honneur.
Ce qui est étonnant, c’est que ce classement remonte en fait au mois de janvier, et qu’on ne l’apprend que maintenant, à la veille des férias d’Arles.
Et ce qui est amusant, c’est que des mots mêmes du ministère, la corrida est recensée "au même titre que la tarte tatin, le fest-noz, la tapisserie d’Aubusson, ou les parfumeurs de Grasse". Ainsi, une pratique controversée, rejetée par une large majorité de français, interdite et considérée comme un délit correctionnel sur 80% du territoire, est mise sur le même niveau qu’un gâteau ou un parfum !
Mais on le comprend un peu mieux quand on sait que les principaux leaders de ce gouvernement, François Fillon, Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand, sont eux-même fans de ces spectacles d’un autre âge.
Le risque, c’est que cette liste sert en fait d’inventaire du patrimoine national pour la prestigieuse Unesco, qui doit en extraire certains éléments représentatifs pour les sauvegarder à un niveau mondial.
Ne le nions pas, c’est un coup dur pour les associations de défense des animaux, mais qui pourrait bien se transformer en boomerang pour ses instigateurs : beaucoup de citoyens et de médias ont été choqués, et les associations de défense des animaux se regroupent pour lancer diverses actions ; une manifestation unitaire est prévue à Paris le 28 mai, et plusieurs pétitions en ligne rassemblent déjà des milliers de signatures. Enfin, différents ministères croulent sous les mails et les appels téléphoniques, à tel point que le ministère de la Culture semble avoir discrètement retiré certains articles traitant de corrida sur son site internet.
Intensifions la pression !

* L’Équateur va se prononcer sur la corrida par référendum au mois de mai, à l’initiative du président Corréa. La Catalogne vient de l’abolir en 2010. A Fréjus, le sénateur-maire Elie Brun a mis fin à ces spectacles, et soixante-quinze députés français demandent leur abolition. Enfin, la tauromachie survit en grande partie grâce au contribuable français, les communes, les départements et les régions lui versant des millions d’euros de subventions.


22/04/2011. Informations et pétition : http://www.unesco-anticorrida.com et http://www.patrimoine-corrida.fr