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Chasse : lettre ouverte aux parlementaires français

Madame, Monsieur le député et sénateur,
Votre parlement légifère tous les 18 mois sur la chasse, à l’initiative de relais, dans vos assemblées, d’un lobby insatiable exigeant sans cesse avantages et privilèges.
Or, le loisir chasse est désormais récusé par une majorité de nos concitoyens ce que prouvent toutes les enquêtes d’opinion et notamment un sondage TNS SOFRES, réalisé le 11 février dernier, révélant que 87% des français souhaitent que « l’animal sauvage soit protégé par la loi contre les mauvais traitements » contre 7% d’un avis contraire. Moins de 2% de la population s’adonnent au loisir de mort et l’emprise de cette minorité sur vos assemblées ne tient qu’à l’artificialisation du lobby.
Je rappelle, pour mémoire, qu’une ordonnance Pétain, du 28 juin 1941, publiée au JO de l’Etat Français du 30 juillet 1941, créait les « sociétés départementales des chasseurs », devenues à la libération, par arrêté du 15 novembre 1945, les fédérations départementales des chasseurs. Le système corporatiste impose une seule structure par département avec adhésion obligatoire de tout chasseur. Le poids écrasant du lobby chasse réside dans ces structures.
Ce lobby et ses relais dans vos assemblées imposent des mesures contraires à la volonté démocratique du pays, contraires aux droits fondamentaux de l’homme et incompatibles avec le maintien des équilibres écologiques. Si les citoyens pouvaient légiférer sur la chasse, l’abolition totale et immédiate de ce loisir contre nature serait à l’ordre du jour.
En imposant la chasse aux propriétaires fonciers hostiles à cette activité récréationnelle, notamment par la loi dite Verdeille, texte féodal, le lobby faisait violer des dispositions essentielles de la Convention européenne des droits de l’homme, ce que jugea la cour européenne des droits de l’homme en son arrêt du 29 avril 1999, à l’issue d’une procédure que j’eus l’honneur de conduire.
Avec ses lâchers massifs d’animaux de tirs, ces « gestions » de cervidés et ongulés en milieu ouvert, la chasse crée des déséquilibres préjudiciables, à tous points de vues. Ainsi, mentionnons que de 1940 à 1945, la chasse fut interdite en ce pays. Il n’y eut aucune prolifération de sangliers durant ces cinq années sans prélèvements. Plus le sanglier (croisé avec des porcs domestiques) est chassé, plus l’espèce abonde.
La chasse ne gère pas la nature contrairement à ce que radote une lourde propagande, mais compromet la pérennité de trop d’espèces et amène des surabondances de deux ou trois espèces « intéressantes » pour les tireurs.
De nouvelles dispositions vont vous être soumises par le lobby et ses relais :
Il s’agit d’exonérer d’impôts fonciers les propriétaires d’installations cynégétiques. Lorsqu’on sait le prix de location des huttes de chasse, cette nouvelle « niche fiscale » s’avère grotesque et totalement injustifiée.
Par ailleurs, soucieux de chercher querelle aux opposants à la chasse, le lobby voudrait soumettre les propriétaires fonciers plaçant leurs fonds en réserves naturelles volontaires à des battues administratives. Mesure agressive, source de conflits, d’affrontements sur le terrain, parfaitement injustifiée en pratique. En effet, les seuls animaux susceptibles de poser des problèmes sont les sangliers des chasseurs. Or, ces animaux parcourent de vastes territoires et ne sauraient proliférer dans une propriété privée, fut-elle de quelques dizaines d’hectares.
Notre mouvement qui, avec une majorité de contemporains, considère l’animal comme un être sensible et qui souhaite instaurer avec la nature un autre lien que celui de la destruction frénétique, vous appelle à faire échec à ces délires réitérés discréditant le législateur français.
Recevez, Madame, Monsieur, l’assurance de nos meilleures salutations.
Le Président : Gérard Charollois.


Communiqué de presse de la Convention Vie et Nature, 15/04/2011.