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Tunisie : fermeture des refuges SPA

La Société Protectrice des Animaux de Tunisie (SPA Tunisie) est une association de bienfaisance créée le 6 avril 1910 par un groupe d’intellectuels français (avant l’indépendance de la Tunisie). Elle a été déclarée d’utilité publique par décret du 31 mars 1926. Elle a été "nationalisée" en 1956, date de l’indépendance de la Tunisie.
La SPA de Tunisie regroupait 6 centres : 2 (Tunis et Sousse) réservés aux animaux de compagnie abandonnés ou recueillis sur la voie publique ; et 4 (Gafsa, Gabès, Tozeur et Sidi Bouzid) destinés à héberger les équidés de travail (ânes, mulets, chevaux) fatigués, maltraités, blessés.
Pour des raisons financières et matérielles, il a fallu fermer 3 centres sur les 6 énumérés. Depuis 1996, n’étaient fonctionnels que les centres SPA de Tunis, de Sousse et de Sidi Bouzid....
La SPA de Tunisie menait, depuis plus de dix années, une vaste campagne de stérilisation des chats errants (capture, stérilisation, identification par tatouage, vaccination antirabique, remise en liberté sur site). De 700 chats errants capturés chaque mois en moyenne entre 1995 et 2002, les chiffres ont été revus à la baisse (300 - 400 chats /mois) depuis 2002, faute de moyens financiers, faute de moyens humains (cela va ensemble).
Aucun budget ne permettait de financer cette campagne, sauf quelques rares dons de la part de quelques hôtels craignant pour leur image touristique (dans le cas où l’élimination des chats errants dans leur jardin se ferait par d’autres moyens plus barbares ...). La Fondation Brigitte Bardot (France) aavait participé à cette campagne de stérilisation par un don mensuel de 320 euros permettant d’acheter les produits pharmaceutiques, les vaccins, etc... Mais cette aide a pris fin en 2005.
Un mot de la responsable :
"La SPA de Tunisie ferme ses deux derniers refuges (Tunis et Sousse). C’est définitif. Aucune subvention, aucun intérêt pour les animaux de la part des autorités... et des citoyens.
J’ai financé personnellement tout ce que j’ai pu (salaires, médicaments, charges sociales, etc...). J’ai tiré la sonnette d’alarme maintes fois. Je ne peux plus assumer, seule.
De plus, la mentalité locale n’est vraiment pas faite pour cela (je suis venue trop tôt, avec mes idées de protection animale et de végétarisme, dans un pays pas encore prêt à tout cela). Mes propres salariés "vendent" les chiens dès que j’ai le dos tourné. Les animaux du refuge peuvent être malades ou blessés, personne ne fait rien (ni véto, ni ouvrier)...
Avant, j’étais à la SPA TOUS les jours. Après 30 ans, je ne peux plus faire la police dans ma propre équipe. Le dernier coup dur a été de constater que les chiens du refuge SPA de la ville de Sousse ont "disparu". Explications des responsables de ce refuge : les chiens se sont sauvés (et la direction n’a jamais été informée).
Décision prise en novembre 2010 : STOP. On sauve les animaux présents au refuge ; ils viendront en France, mon pays d’adoption. Puis, plus rien. La dissolution de l’association a été décidée par le comité fin décembre. De là, le pays s’enflamme dans des émeutes, des manifestations sans fin. Les chats et chiens du refuge ne doivent pas payer les conséquences de la bêtise humaine. Voilà, on ferme définitivement".
Dr Leila El Fourgi.