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L’ours victime de l’arriération des uns et de la pusillanimité des autres

La Convention Vie et Nature prend acte de l’abdication du gouvernement devant les menées des ennemis de la Nature dans l’affaire de l’ours pyrénéen.
En visite à Toulouse, la secrétaire d’état à l’écologie, accueillie par une poignée de chasseurs-éleveurs anti-ours, capitule et indique que le renforcement de la population ursine ne sera pas poursuivi. Seuls les ours tués "accidentellement" seront remplacés par des lâchers afin de maintenir les effectifs.
Les Pyrénées comptent environ 17 ours à ce jour, dont trois mâles de souche locale, et une population viable s’établit à une cinquantaine d’individus.
Le gouvernement envisage une croissance naturelle de cette population ce qui semble d’autant plus compromis qu’aucune mesure énergique de protection n’est édictée. Les ours sont victimes de la chasse et notamment des battues aux sangliers. Pour sauver les ours, il conviendrait dès lors d’interdire la chasse, de sanctionner de manière dissuasive les tueurs, de tenir un langage de fermeté.
Or, les gouvernants et certains observateurs non avertis craignent que de telles mesures provoquent une insurrection populaire, des incidents violents avec les pyrénéens hostiles aux ours, mais aussi aux lynx, aux vautours et à tout ce qui vit.
Ce syndrome de mépris du peuple frappa les préfets de Gironde et les successifs ministres de l’intérieur durant près de vingt ans à l’encontre des braconniers de la tourterelle des bois dans le Médoc. Ces autorités s’abstenaient d’agir, persuadées qu’une interdiction effective du braconnage en mai générerait des affrontements graves avec les chasseurs. En fait, la persévérance des protecteurs de la Nature, la dissolution judiciaire des associations organisant le braconnage vinrent à bout de cette chasse.
Les agités de la gâchette, forts en tartarinades grotesques, sont coutumiers de ces intimidations qui ne réussissent qu’en raison de la lâcheté des responsables. Les anti-ours ne font peur que parce que l’état est pusillanime et ne réprime pas comme il conviendrait les exactions des groupuscules contre Nature. L’état laisse bafouer l’intérêt général, la volonté démocratique pour ne pas avoir à parler haut, fort et clair à des chasseurs minoritaires.
Réintroduire l’ours est une mesure vaine si elle ne s’accompagne pas de la création de vastes réserves sans fusils. En France, des hommes rétrogrades dictent leurs lois à une classe politique inconsistante.


Communiqué de presse de la CVN, 26/07/2010. Site web : www.ecologie-radicale.org