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L’allergie à la nature

Toutes les espèces subissent leur vindicte, fruit de leur arriération, de leur cruauté, de leur cupidité.
En prétextant des maladies imaginaires ou extrêmement rares, en invoquant des dégâts falsifiés, en jouant des préjugés et des ignorances, des hommes qui ne sont pas comme nous perdurent à tuer, traquer, piéger des animaux dont ils nient le caractère d’êtres sensibles appelant notre respect.
Dès qu’une espèce n’a pas le bon goût de disparaître, elle devient immédiatement proliférante, selon les élucubrations de ceux qui feraient bien de s’interroger sur ce qu’est une prolifération spécifique.
Bien sûr, nos contemporains se retranchent derrière des lieux communs pour fustiger les autres formes de vies, survivances douloureuses dans l’environnement hostile que crée l’humain partout sur la planète.
Tout en affirmant qu’ils aiment la nature et les animaux, nombre de contemporains se laissent intoxiquer par la propagande des amateurs de massacres. Pour nos conformistes formatés, sauvons les animaux, certes, mais pas ceux qui vivent ici, uniquement ceux que l’on voit sur l’écran de la télévision.
S’il advient qu’une seule espèce parvienne à s’adapter à l’enfer urbain, elle fait figure d’envahisseuse, parfaitement nuisible au nom de l’hygiène publique, de la propreté des immeubles et sous tout autre imposture paravent à extermination.
En fait, conditionné par ses origines, l’humain demeure encore un animal contre Nature.
Et voilà pourquoi des gens prétendument éduqués édictent dans les ministères et les préfectures des arrêtés décrétant des massacres d’oiseaux et de mammifères pour satisfaire des lobbies.
Voilà pourquoi les assemblées politiques délirent contre les loups, les cormorans, les renards les ours.
Disons-le, tant d’un point de vue écologique que sous l’angle éthique, il n’existe pas d’espèce nuisible sauf peut-être celle qui par son comportement compromettrait radicalement la vie sur terre.
Il n’y a pas d’espèce « gibier » car pour un homme responsable et conscient un être sensible n’est jamais un gibier.
Évidemment, l’humain qui tue, pollue, torture, exploite est indéniablement un nuisible mais cela ne tient pas à son être mais uniquement à son attitude envers le vivant. Qu’il change d’approche, il cessera d’être infernal et dévastateur.
Ce qui génère sa nocivité réside dans sa cruauté, son arriération, sa cupidité, tares dont il peut d’autant plus se guérir qu’un nombre non négligeable d’humains ont d’ores et déjà effectué cette mutation comportementale.
Ce qui effraie n’est ni la rage vulpine, ni l’échinoccocose, nila tuberculose bovine mais la rage de tuer d’une infime minorité trop choyée par les politiques conservateurs.
Le problème est que loin d’instruire, d’éveiller les consciences, d’élever un débat de fond, les médias débiles font dans le populisme grossier en relayant les fantasmes anti-nature sans le moindre examen critique.
Ils évoquent occasionnellement les relations homme - nature sous l’angle anecdotique, souvent négatif ou purement récréationnel en veillant bien à ne pas déranger par une simple interrogation éthique sur la chasse, le piégeage, les destructions de pigeons des villes, les déterrages et autres réjouissances sanguinaires.
Rien d’étonnant, dans une société en voie de régression sociale et empathique, dans une société dévorée par le profit et l’égoïsme forcené, société naufragée, rien détonnant que l’animal reste le défouloir des maniaques de l’instinct de mort.
Honte à cette époque terriblement « nuisible » !


Communiqué de presse de la CVN, 28/06/2010. Site web : www.ecologie-radicale.org