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Loup abattu : la gâchette au lieu du dialogue

Le 15 février 2009, un chasseur du Petit-Bornand-les-Glières avoue aux gendarmes avoir abattu un loup et conservé sa dépouille en vue d’en naturaliser la fourrure. La perquisition a permis de découvrir les restes d’autres espèces protégées (bouquetin, épervier d’Europe, héron cendré). Son procès aura lieu aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Bonneville.
La fédération France Nature Environnement et la FRAPNA Haute-Savoie se sont constituées partie civile dans cette affaire. Elles rappellent une fois encore que le loup est une espèce protégée par la loi et condamnent fermement les actes de braconnage à l’encontre du loup qui se développent et qui se fondent sur une idéologie du 19ème siècle qui voudrait que le prédateur prélève des animaux sauvages qui « appartiendraient » aux chasseurs.
« Certains chasseurs sont en effet convaincus que le loup décime les populations de chamois, chevreuils et autres ongulés, mettant ainsi en péril l’avenir de la faune sauvage » explique Jean-David Abel, en charge du dossier loup pour France Nature Environnement.
Eric Féraille, président de la FRAPNA Haute-Savoie ajoute : « En réalité, si le nombre de proies sauvages tuées par le loup augmente, cela signifie que les populations de proies sauvages sont sur une courbe ascendante. » Il poursuit : « autre preuve : les comptages de chamois réalisés ce printemps dans le secteur du Petit-Bornand-les Glières montrent une nette augmentation de ses effectifs, une population qui n’a jamais été aussi forte que depuis que le loup est arrivé ! 889 chamois comptés en 2010 contre 657 en 2004 ».


France Nature Environnement et la FRAPNA espèrent des sanctions exemplaires à l’encontre du braconnier, et ce d’autant plus que ce dernier a indiqué à plusieurs reprises qu’il ne regrettait pas son geste et que si c’était à refaire, il agirait de la même manière.
Enfin, les associations rappellent qu’elles ont accepté que des tirs officiels en dernier recours soient conduits dans le cas de prédations récurrentes sur des troupeaux domestiques protégés. Elles espèrent que chacun respecte ce compromis et que les solutions à apporter aux difficultés rencontrées localement face à la présence ou à la prédation du loup soient discutées dans les instances de concertation. La destruction illégale d’un loup ne règlera pas ces difficultés.


Communiqué de presse FRAPNA/ FNE, 11/05/2010. Site web : http://www.frapna.org