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Le nucléaire revient dans les négociations sur le climat

Les ONGs dénoncent la position française et accélèrent la campagne citoyenne internationale « Don’t nuke the climate » : http://www.dont-nuke-the-climate.org

Lors du Sommet de Copenhague en décembre prochain, les décideurs ont non seulement le devoir de parvenir à un accord ambitieux sur le climat, mais aussi de refuser les « fausses bonnes solutions ». Or, lors de la session de négociations à Bangkok au mois d’octobre 2009, le nucléaire, pourtant exclu à juste titre des mécanismes du Protocole de Kyoto, a refait surface.

La menace de voir cette technologie dangereuse, chère et inefficace en matière de lutte contre le changement climatique rentrer dans le cadre d’un nouvel accord se précise. De nombreux pays souhaitent en effet que cette source d’énergie puisse bénéficier de financements par les pays industrialisés dans le cadre des futures actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays en développement. Cette position est défendue entre autres par le Canada, les Etats-Unis, le Japon, le Mexique, l’Inde, le groupe africain… et la France !

Les ONGs dénoncent cette proposition, et en particulier l’égoïsme de la position française, qui privilégie ses intérêts industriels à l’intérêt général. Si le nucléaire devenait éligible aux financements par ce biais, l’industrie nucléaire trouverait ainsi une source de subvention publique majeure.

« La France tente à nouveau d’imposer son industrie en faisant fi des dangers de l’énergie nucléaire (risque d’accidents, contaminations des écosystèmes, insolubilité du problème des déchets, prolifération…), ainsi que de l’inefficacité de cette technologie pour lutter contre le changement climatique. Le nucléaire est hors sujet pour la majorité des émissions, hors délais face à l’urgence climatique et vulnérable aux aléas climatiques. En outre, ses émissions de gaz à effet de serre ne sont pas négligeables, et plusieurs scénarios montrent qu’on peut s’en passer pour atteindre le facteur 4 », déclare Charlotte Mijeon du Réseau Sortir du nucléaire. (1)

« Trop coûteux, exigeant des infrastructures trop lourdes, le nucléaire est particulièrement inadapté aux pays en développement. S’il est inclus dans l’accord de Copenhague, il absorbera des fonds considérables, et privera les pays en développement de financement cruciaux pour limiter leurs émissions via les vraies solutions (énergies renouvelables, efficacité énergétique, lutte contre la déforestation, etc.) » rappelle pour sa part Morgane Créach du Réseau Action Climat.

Du 2 au 6 novembre 2009 se tiennent à Barcelone les dernières discussions préparatoires au Sommet de Copenhague sur les changements climatiques. Dans le cadre de la campagne « Don’t nuke the Climate », le Réseau "Sortir du nucléaire" qui coordonne cette campagne sera présent sur place avec plusieurs de ses partenaires nationaux et internationaux pour suivre les discussions et faire pression sur les négociateurs afin d’éviter que le nucléaire ne soit inclus dans les mécanismes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans le cadre de la campagne "Don’t nuke the climate !", de nombreuses actions en France et dans le monde sont prévues dans les prochaines semaines, et les citoyens de tous les pays sont inviter à signer une pétition traduite en dix langues (www.dont-nuke-the-climate.org), qui a déjà recueilli le soutien de 280 partenaires. Celle-ci sera remise aux décideurs à Copenhague pour leur demander de refuser d’inclure le nucléaire dans les solutions à l’effet de serre...

(1) Pour plus de détails : Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire, Réseau Action Climat, 2007.