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Non aux plantations industrielles d’arbres !

Déclaration internationale : arrêtez l’expansion des plantations industrielles d’arbres !
Dans le monde entier, des millions d’hectares de terre productive sont transformés en déserts verts que l’on présente comme des « forêts ». Des populations sont déplacées pour frayer la voie à des rangées interminables d’arbres identiques – eucalyptus, pins, palmiers à huile, hévéas, jatrophes et d’autres espèces encore – qui prennent la place de presque tous les autres êtres vivants. Les sols agricoles, indispensables à la souveraineté alimentaire des communautés locales, sont affectés à la monoculture d’arbres afin de produire des matières premières pour l’exportation. Les réserves d’eau diminuent et sont polluées, et les sols se dégradent. Les violations des droits humains se multiplient : elles vont du déplacement et de l’élimination des moyens d’existence à la répression et même à la torture et la mort. Des populations entières en souffrent mais les femmes sont les plus touchées car les plantations ont des effets différents suivant le sexe.
Malgré toutes les évidences dont on dispose au sujet des répercussions négatives que ces plantations ont eues sur la société et l’environnement dans des pays tels que le Brésil, l’Afrique du Sud, les États-Unis, l’Indonésie, la Malaisie, le Cambodge, la Colombie et l’Espagne, elles continuent d’être encouragées par une coalition d’acteurs qui vont de la FAO aux agences bilatérales, du Forum des Nations unies sur les forêts aux gouvernements nationaux, des sociétés conseil aux banques privées et de développement.
L’objectif véritable des actions de ces acteurs est facile à voir : accaparer des terres pour les entreprises des secteurs de la pâte et du papier, du bois, du caoutchouc, de l’huile de palme et, depuis peu, du biochar (*), afin qu’elles puissent disposer de davantage de matières premières bon marché et accroître encore leurs profits. La surconsommation des produits de ces plantations par les nations du Nord fortuné contribue fortement à leur prolifération.
En réponse à la publicité négative autour de l’impact de ces plantations d’arbres, les entreprises ont recouru aux systèmes de certification – FSC, PEFC, SFI, RSPO (**) – qui leur fournissent des références « vertes », grâce auxquelles elles peuvent poursuivre leurs affaires habituelles.
À ce problème est venue s’ajouter l’arrivée de nouveaux acteurs du monde des affaires qui visent à tirer profit du changement climatique en encourageant de fausses solutions : l’établissement de plantations en tant que « puits de carbone », la production d’agrocarburants (agrodiesel et éthanol), et l’introduction d’arbres génétiquement modifiés.
Or, les projets des entreprises se heurtent à une opposition croissante. Dans de plus en plus de pays, les gens résistent à l’expansion de la monoculture d’arbres et un mouvement mondial s’est développé au fil des ans, unifiant les nombreuses luttes locales et contribuant à faire entendre la voix de ceux qui souffrent à cause des plantations.
En cette Journée internationale contre la monoculture d’arbres, le message est clair et fort : les plantations ne sont pas des forêts ; arrêtez l’expansion des plantations industrielles d’arbres !

(*) Biochar : charbon qui serait enfoui dans le sol où il fonctionnerait comme fertilisant et comme dépôt de carbone.
(**) FSC (Forest Stewardship Council), PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), SFI (Sustainable Forestry Initiative), RSPO (Table ronde sur l’huile de palme durable).


09/09/2009.
Pour plus d’infos sur cette campagne internationale, contacter l’association française Aves : http://www.aves.asso.fr