Accueil > Informations > Médias > Castration à vif des cochons ; la Suisse encore en avance

Castration à vif des cochons ; la Suisse encore en avance

La Suisse a fait depuis quelques mois un grand bon en avant en matière de protection animale ; interdiction des transports d’animaux vivants, des bocaux ronds pour poissons rouges, et, d’ici 2010, de la castration des porcelets sans anesthésie.
Car la liste des ignominies infligées par l’homme aux animaux est sans fin ; dans le simple but d’améliorer le goût de la viande, les porcs européens sont en effet castrés sans anesthésie dès leur plus jeune âge. Une pratique ignoble, qui consiste à retourner le cochonnet à la main, à lui trancher la peau avec une lame de rasoir, à extraire les testicules et à les couper. Ceci alors que l’animal est tout à fait conscient.
Dans le cadre de la nouvelle loi sur le bien-être animal en suisse, les éleveurs devront maintenant anesthésier ces animaux. Ceci ne résout bien entendu pas tous les problèmes ; les cochons restent castrés pour le bon plaisir des gourmets, ils sont manipulés et opérés à la chaine ce qui ne leur fait vraisemblablement pas plaisir. De plus, l’anesthésie n’est pas pratiquée par des professionnels, et il semble qu’elle implique l’utilisation de substances polluantes.
Mais elle part d’un bon sentiment. C’est un mieux, même si la vraie solution réside une fois de plus dans le porte-monnaie du consommateur : réduire notre (sur)consommation de viande, consommer bio, c’est à dire refuser les élevages industriels.

Additif à cet article, extrait de la newsletter de la Protection Mondiale des Animaux de Ferme du 30/09/2009 :
Tout est bon dans le cochon : l’expression populaire propage la vision d’un cochon naturellement conforme à nos goûts, comme s’il naissait prêt-à-manger. Pourtant, les mâles développent, à la puberté, des hormones sexuelles odorantes qui peuvent parfois se révéler dans leur viande lorsqu’elle est cuite, et qui déplait à certains consommateurs. Appelée « défaut d’odeur », c’est cette caractéristique qui sert de justification à la pratique systématique de la castration douloureuse de 12 millions de porcelets en France, et de 100 millions d’entre eux en Europe. En France, la castration à vif est la pratique habituelle, tandis que d’autres pays d’Europe démontrent que cette mutilation est d’autant moins acceptable qu’il existe des alternatives.
La Commission Européenne a récemment autorisé la commercialisation d’un vaccin immuno-castrant appelé IMPROVAC, qui offre une alternative efficace à la castration. Cependant, en Allemagne et aux Pays-Bas, des initiatives intelligentes en abattoirs permettent d’élever des porcs entiers et de commercialiser leur viande sans recours à la chirurgie ou à la vaccination. L’abattoir Tönnies en Allemagne abat plus de 20 000 porcs par jour, et a développé un appareil (« nez électronique ») permettant de détecter instantanément l’odeur de verrat sur les carcasses arrivant en fin de la chaîne d’abattage. Il est important de noter que le pourcentage de carcasses odorantes identifiées est très faible : entre 3 et 4%. Toute carcasse émettant la moindre odeur est écartée du circuit général, et redirigée vers le circuit des salaisons (sans cuisson ou précuits) qui ne dégagent ainsi pas/plus d’odeur.
Depuis août 2009, Tönnies n’exporte ainsi vers les Pays-Bas que de la viande issue de porcs non castrés. En conséquence, les dispositions prises par l’abattoir ont rendu inutile la pratique de la castration en élevage, et les producteurs allemands sont de plus en plus nombreux à avoir abandonné cette pratique, à leur grand soulagement (et au grand soulagement des animaux aussi !). La Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF) demande que cette alternative à la castration douloureuse des porcelets soit envisagée avec intérêt par la filière porcine.


24/07/2009.