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Mainmise sur les espaces naturels

Bonjour,

Il semble effectivement que nous (Français) ayons un rapport à l’animal sauvage particulièrement “frileux”, certainement par manque de connaissances (rien en milieu scolaire sur la faune sauvage...) et de fréquentation du milieu (d’où on se fait d’ailleurs régulièrement “éjecter” par les “Rambos”, surtout en bandes), mais aussi en résultat de la main-mise du monde cynégétique sur toutes les sources d’"information populaire" (journaux locaux et parfois autres médias). Le procédé donne d’ailleurs matière à penser : les journalistes étant cordialement invités à toutes les conviviales manifestations cynégétiques (AG, merguez-parties, Bouffes de la Société de chasse locale, etc...) un certain nombre, souvent ravis de l’accueil, renvoient l’"ascenseur cynégétique" en commettant des articles où à la démagogie se dispute le goût du sensationnel (phénomène de “rumeurs urbaines”).
La faune sauvage étant continuellement diabolisée (dangers de maladies, agressions (c’est l’été les mémés vont encore être victimes des attaques de renards !) , "pullulations" et autres billevesées), il est devenu facile au "chasseur-piégeur de terrain" (= celui qui sait !) de se présenter en tant qu’ultime rempart et défenseur des "petinenfants" et de leurs "mèèèèèères" contre tous ces dangers potentiels ! La “pullulation” des renards et autres prédateurs n’est qu’un sordide remake de la méthode Coué : il suffit de le clamer, de le répéter à l’infini pour que cela devienne une (fausse) évidence pour la presse et le grand public !! Ayant, dans la plupart des cas, créé lui-même de toutes pièces une situation engendrant la Peur (de la Nature, forcément sauvage donc potentiellement dangereuse), le Chasseur Français se pose ainsi en Sauveur de l’Ordre, consistant dans son esprit en une nature “propre” et sans prédateurs : juste des “cocottes” et du “gibier-cible” pour s’amuser ! Parce qu’aujourd’hui, en France, il s’agit bien d’une chasse-loisir sans rapport avec une quelconque économie de survie.
Le chasseur armé adore cette image de “Protecteur” (des gens, des animaux domestiques (mais tenu en laisse hein !!) et même de la faune sauvage, la Vraie, celle que l’on flingue soi-même pour lui éviter les souffrances de la maladie ou du vieillissement (j’exagère à peine !). On croit parfois revoir de vieilles affiches d’une bien triste période de notre histoire récente ! (“Fais confiance au Chasseur Français, pour te défendre contre la Faune sauvage” !)
Curieusement, dès que l’on ose dévoiler leurs agissements (photos ou reportages sur le déterrage ou la vénerie à courre), les chasseurs gesticulent et saisissent la justice : “silence on tue, mais entre nous” . Il s’agit bien pourtant de NOTRE faune car la faune sauvage est bien un patrimoine commun, bien que n”appartenant à personne (res nulius) jusqu’à son acquisition par la mise à mort. Et puis, c’est si facile de tuer aujourd’hui car tout est organisé pour !!
Ben oui, y’a du boulot (pour toutes et tous) d’éducation, de partage, d’écriture, d’expos, de témoignages, d’interventions auprès du public et des “Zélus”. Notre militantisme est bien obligé de se substituer aux dérisoires “efforts” de l’État et de ses représentants dont la mission devrait être de faire respecter ses propres lois, plutôt que d’offrir aux destructeurs des arguments pour mieux les contourner, en un mouvement circulaire, qui n’est pas sans rappeler la forme d’une certaine Table récente !

Bonne journée quand même.

Richard.


Lettre reçue en août 2008.