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Difficile de donner des leçons de morale...

Le grand hamster d’Alsace est différent de nos célèbres hamsters domestiques : hormis sa taille plus imposante, il arbore un ventre noir, des pattes blanches et un dos roux.
Incapable de le protéger alors qu’il est en voie de disparition, La France risque une amende de 17 millions d’Euros ! Le mammifère tombe en effet sous le coup de la convention de Berne, un texte relatif à la conservation de la vie sauvage et des milieux naturels en Europe. A cause du grand hamster, mais aussi du crapaud vert et de la tortue d’Hermann, le comité permanent de la convention a ouvert cette semaine un dossier contre l’état français pour "manquement manifeste de résultats quant à la protection de l’espèce et de ses habitats". Dans un an, la France devra prouver qu’elle a obtenu des résultats.
Au début du 20ème siècle, cet animal pullulait. Dans les années 40-60, les enfants des villages les tuaient en échange de quelques centimes. Plus tard, les agriculteurs les ont décimé à coup de raticides anticoagulants ou en inondant les terriers. A partir de 1993 il a enfin été inscrit sur la liste française des mammifères protégés.
Le problème, c’est que les plaines d’Alsace sont désormais recouvertes de champs de maïs, de routes ou de maisons. Sa nourriture fétiche (choux, betteraves, oignons) se fait rare. Jusque là, les plans de sauvegardes, malgré l’argent investi et les dédommagements des cultivateurs, n’ont eu aucun succès. Il y a bien eu quelques lâchers de réalisés, mais dans un environnement détérioré, ils n’ont servi à rien.
Selon les derniers comptages, il ne resterait que 600 cricetus cricetus. Dans l’idéal, il faudrait environ deux terriers par hectare pour avoir une population viable. Or en Alsace on avoisine au mieux les 0,1 ou 0,2 terrier par hectare.

Encore une fois, après cela il sera difficile aux français de faire des leçons de morale aux populations du bout de monde ! Nous ne sommes mêmes pas capables de protéger notre propre faune sauvage, alors comment feront nous comprendre aux autres qu’ils doivent sauvegarder leurs éléphants, leurs tigres, leurs ours polaires ou leurs pandas !


Source : Liberation, 30/11/2007